Karvā Cauth

La fête de Karvā Cauth

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Mercredi 19 octobre 2016

Lever de la Lune pour clôture du vrat : 21h42

Cette fête est celle des femmes mariées qui, le 4e jour de la quinzaine lunaire sombre du mois de kārtika, octobre ou novembre selon les années, prient pour la prospérité de leur foyer, et particulièrement, pour que les forces divines accordent longue vie à leur mari et à leurs enfants. Les femmes non mariées, les jeunes filles et les veuves ne doivent pas pratiquer Karvā Cauth. Les strictes observances à suivre ce jour ont pour but la protection de la famille. Ce vrat est très important en Inde car il peut accorder à celles qui le suivent non seulement de nombreux bienfaits dans leur foyer mais aussi, pour elles-mêmes, une vie maritale heureuse, dispensatrice de santé pour tous et de nombreuses joies tout au long de l’année.

Origine de la fête

Persévérance dans l’accomplissement de l’acte dévotionnel, foi, désir de pureté et amour pour la famille, sont les ingrédients nécessaires pour le déroulement d’une bonne vie maritale, protégée et heureuse, comme nous le montre l’histoire de la jeune Vīrvatī.

Extraite des Purāṇa, cette histoire nous conduit à l’époque du Mahābhārata. La belle Draupadī est l’épouse des cinq frères Pandava. En cette période tourmentée pour ses cinq maris, elle s’inquiète particulièrement pour Arjuna qui se sent acculé par les nombreux ennemis qui le tourmentent chaque jour. Elle se confie au Maître spirituel et Cocher divin de son mari, le Dieu Kṛṣṇa, qui, pour la délivrer de ce lourd fardeau, lui apprend que la Déesse Parvatī avait elle-même interrogé un jour Śiva sur les moyens appropriés pour une femme mariée, de remédier à une telle situation. C’est à cette occasion que ce Dieu lui enseigne l’art de pratiquer le Kark cathurthī vrat.

Récit – Kathā

« Un brahmane du nom de Ved Sarma avait reçu de nombreuses faveurs divines ; la prospérité habitait sa maison. Sa femme lui avait donné sept fils aux qualités innombrables et une fille Vīrvatī, à la beauté inégalable et à l’âme lumineuse. Quand elle fut en âge de se marier, elle reçut pour époux un brahmane versé dans la connaissance des Veda et des Śastra. Quelques temps après son mariage, elle décida, avec ses sept belles-sœurs de pratiquer, le Kark cathurthī vrat, au moment de la quinzaine sombre du mois de kārtika.

Après une préparation minutieuse – bain et méditation – elles jeûnèrent toutes ensemble pendant une journée et, la nuit suivante, ne prirent ni nourriture, ni eau. Elles dessinèrent l’arbre sacré banyan sous lequel apparaissait la famille de Śiva :   Śiva, Parvatī, Gaṇeśa, Kārttikeya et les autres divinités. Les femmes chantèrent, récitèrent des mantras en leur honneur et présentèrent avec respect des offrandes : sucreries, grains de toutes sortes, petites lampes, de la farine, du sucre…  dans l’attente du lever de la lune pour enfin casser leur jeûne.

Mais la fatigue gagna Vīrvatī qui, sans doute affaiblie par le manque de nourriture et d’eau, perdit connaissance. Tous ses frères avertis l’exhortèrent de mettre tout de suite fin à ce jeûne, la sentant trop fragile pour le prolonger. Mais elle refusa. Profitant de sa faiblesse, l’un de ses frères lui fit croire que la lune venait juste de se lever. Il lui montra une pâle lueur en direction d’un des arbres du jardin qui n’était autre que celle d’une petite lampe à huile qu’il avait placé derrière les branches d’un arbre. La jeune femme s’exécuta fébrilement, en offrant, sans le savoir, l’eau en direction de cette lune artificielle fabriquée par ses frères. Elle rompit son jeûne, persuadée que la lune était levée.

Quelques temps plus tard, son mari mourut subitement et Vīrvatī, dans l’incompréhension et la douleur, choisit de rester une année sans prendre de nourriture, dédiant ses prières au dieu Śiva. Au terme d’une année d’intenses austérités et de tristesse, elle voulut pratiquer, accompagnée de ses belles sœurs, le Kark cathurthī vrat, s’y adonnant avec ferveur oubliant la douleur du deuil. Juste avant le terme, la Déesse Indranī apparut et lui révéla la cause exacte du décès de son mari et du subterfuge de ses frères pour qu’elle recouvre la santé. Indranī lui précisa qu’elle-même l’avait pratiqué et lui demanda de clôturer son vrat face à la véritable lueur de la lune, ce qu’elle fit. A peine son offrande terminée, la déesse Indranī ramena l’époux de Vīrvatī à la vie et tous deux se retrouvèrent le cœur empli de bonheur et de paix. Il réintégrèrent leur maison, à nouveau habitée par la prospérité ».

Ainsi, dit Kṛṣṇa, Draupadī fit de même en suivant ce vrat. Elle permit qu’Arjuna et ses frères les Pandava sortirent vainqueurs de la grande bataille du Mahābhārata.

Cette touchante histoire nous enseigne que la pratique du vrat peut, même dans les situations les plus difficiles de la vie, nous aider à surmonter les plus grandes difficultés rencontrées dans le couple et au sein de la famille. La foi,  la sincérité et la vérité sont les ingrédients indispensables à sa réussite.

Pūjan vidhi – Pratique du vrata Karvā Cauth

Le matin, levez-vous le plus tôt possible, idéalement au moment du lever du soleil. Prenez un bain et faites vos ablutions habituelles. Puis vous revêtez des nouveaux vêtements et des bijoux. Vous ne prenez aucun aliment et ne buvez rien pendant toute la journée. Prenez un petit karva (pot) et le remplir de cinq choses précieuses ou pierres précieuses (ou semi précieuses). Ce pot doit être donné en offrande à un brahmane. Récitez les mantra de Gaṇeśa et demandez-lui de protéger la santé, le travail et la chance de votre mari ainsi que celle de vos enfants. Pratiquez le don de vêtements ce jour-là et aussi celui de nourriture, de fruits et d’argent à d’autres femmes dont le mari est encore en vie.

Le soir, dès l’apparition de la lune dans le ciel, soit aux environs de 21h42 vous cassez votre jeûne après avoir fait une offrande l’eau à la lune.