Karvâ Cauth

La fête de Karvâ Cauth

karva-chauth

Samedi 11 octobre 2014

Lever de la Lune pour clôture du vrat : 21h12

Cette fête est celle des femmes mariées qui, le 4e jour de la quinzaine lunaire sombre du mois de kârtika – octobre ou novembre selon les années, prient pour la prospérité de leur foyer et particulièrement pour que les forces divines accordent longue vie à leur mari et à leurs enfants. Ce vrat est très important en Inde car il peut accorder à celles qui le suivent non seulement de nombreux bienfaits dans leur foyer mais aussi, pour elles-mêmes, une vie maritale heureuse, dispensatrice de santé pour tous et de nombreuses joies tout au long de l’année.

Origine de la fête.

Persévérance dans l’accomplissement de l’acte dévotionnel, foi, désir de pureté et amour pour la famille, sont les ingrédients nécessaires pour le déroulement d’une bonne vie maritale protégée et heureuse, comme nous le montre l’histoire de la jeune Vîravatî.

Extraite des Purana, cette histoire nous conduit au temps du Mahâbhârata. La belle Draupadî est l’épouse des cinq frères Pandava. En cette période tourmentée pour ses cinq maris, elle s’inquiète particulièrement pour Arjuna qui se sent acculé et menacé par les nombreux ennemis qui l’assaillent chaque jour. Elle se confie au Maître spirituel et cocher divin de son mari, le Dieu Krishna, qui, pour la délivrer de ce lourd fardeau, lui apprend que la Déesse Parvatî avait elle-même interrogé un jour Shiva sur les moyens appropriés pour une femme mariée, de remédier à une telle situation. C’est à cette occasion que le Grand dieu lui enseigne l’art de pratiquer le Kark chaturthi vrata.

Récit – Kathâ

« Un brahmane du nom de Ved Sharma avait reçu de nombreuses faveurs divines ; la prospérité habitait sa maison. Sa femme lui avait donné sept fils aux qualités innombrables et une fille Vîravatî, d’une beauté inégalable, à l’âme lumineuse. Quand elle fut en âge de se marier, elle reçut pour époux un brahmane versé dans la connaissance des Veda et des Shastra. Quelque temps après son mariage, elle décida, avec ses sept belles-sœurs de pratiquer, le kark chaturthi vrata, au moment de la quinzaine sombre du mois d’octobre.

Après une préparation minutieuse – bain et méditation – elles jeûnèrent toutes ensembles pendant une journée et, la nuit suivante, ne prirent ni nourriture, ni eau. Elles dessinèrent l’arbre sacré banyian sous lequel apparaissait toute la famille de Shiva : Shiva, Parvatî, Ganesha, Kârttikeya et toutes les autres divinités. Les femmes chantèrent toutes ensemble, récitèrent des mantras en leur honneur et présentèrent avec respect des offrandes : sucreries, grains de toutes sortes, petites lampes, farine, sucre, tout cela dans l’attente du lever de la lune pour pouvoir casser le vrat.

Mais la fatigue gagna Vîravatî et, sans doute affaiblie par le manque de nourriture et d’eau, elle perdit connaissance. Tous ses frères avertis l’exhortèrent de clôturer tout de suite son jeûne la sentant trop faible. Mais elle refusa. L’un de ses frères profitant de sa faiblesse lui fit croire que la lune venait juste de se lever lui indiquant en direction d’un des arbres du jardin une pâle lueur qui n’était autre que celle d’une lampe qu’il avait placé derrière les branches d’un arbre. La jeune femme s’exécuta, en offrant, sans le savoir, l’eau en direction d’une lune artificielle fabriquée par ses frères. Elle rompit son jeûne, certaine que la lune s’était levée.

Quelque temps plus tard, son mari mourut subitement et Vîravatî, dans l’incompréhension et la douleur, choisit de rester une année sans prendre de nourriture, dédiant ses prières au dieu Shiva. Au terme de cette année de jeûne intense, à nouveau elle suivit, accompagnée de ses belles sœurs, le Kark chaturthi vrat, s’y adonnant avec la ferveur de sa foi malgré sa douleur. Juste avant le terme, la déesse Indranî lui apparut et lui révéla la cause exacte du décès de son mari et du subterfuge de ses frères pour qu’elle recouvre la santé. Indranî lui précisa qu’elle-même avait célébré ce jeûne et lui demanda de clôturer son vrat face à la vraie lueur de la lune, ce qu’elle fit.

Après avoir fait l’offrande de l’eau face à la lune, la déesse Indranî ramena l’époux de Vîravatî à la vie et tous deux regagnèrent au comble du bonheur d’être à nouveau ensemble, leur maison à présent emplie de prospérité. »

Ainsi, dit Krishna, Draupadî fit de même. Elle permit qu’Arjuna et ses frères les Pandava sortirent vainqueurs de la grande bataille du Mahâbhârata.

Cette touchante histoire nous enseigne que la pratique ascétique du vrat illumine le chemin de la victoire sur les obstacles même les plus insurmontables.

Pûjan vidhi – Pratique du vrat Karva Cauth

Le matin, levez-vous le plus tôt possible, idéalement au moment du lever du soleil. Prenez un bain et faites vos ablutions habituelles. Puis vous revêtez des nouveaux vêtements et bijoux. Vous ne prenez aucun aliment et ne buvez rien pendant toute la journée. Prenez un petit karva (pot) et remplissez-le de cinq choses précieuses ou pierres précieuses (ou semi précieuses). Ce pot doit être donné en offrande à un brahmane. Récitez les mantras de Ganesha et demandez-lui de protéger la santé, le travail et la chance de votre mari ainsi que celle de vos enfants. Donnez des vêtements ce jour-là mais aussi de la nourriture et des fruits et faites des dons d’argent à d’autres femmes dont le mari est encore en vie.

Le soir, dès l’apparition de la lune dans le ciel, soit à 21h12, vous rompez votre jeûne après avoir fait une offrande d’eau à la lune.