Navaratrī

NAVARᾹTRĪ
9 jours dédiés à la déesse
Durgā

La fête de Durgā Pūjā est l’une des plus importantes célébrations dédiée à une déesse de la tradition Hindoue. Les Navarātrī, appelées aussi Navrata, sont les nava, neuf, rātrī, nuits – et neuf jours – d’adorations rituelles et festives dédiées à la Mère divine, Durgā. En Inde et selon les régions, les Navarātrī sont célébrées ou non à quatre reprises dans l’année, mais deux le sont unanimement au moment des équinoxes d’automne et de printemps :

  • les Navarātrī d’automne, les plus fêtées, débutent le premier jour dit pratipada, de la quinzaine claire  ÷uklapakṣa, du mois d’ashvina, correspondent aux mois de septembre-octobre ;
  • les Navarātrī de printemps qui débutent le premier jour de la quinzaine claire ÷uklapakṣa, du mois lunaire de caitra, correspondent aux mois de mars-avril

Les deux autres Navarātrī sont qualifiées de Gupta Navarātrī ou Navarātrī cachées. Suivies de manière plus occulte, elles sont célébrées par les plus adeptes du tantrisme dans le but d’obtenir des résultats tangibles par la grâce de la déesse.

QUAND ONT LIEU LES NAVARᾹTRĪ  ?

Les neuf jours des Navarātrī d’automne consacrés à Durgâ  ont lieu :

DU SAMEDI 1ER AU LUNDI 10 OCTOBRE 2016

Une grande pûjâ en l’honneur de Durgā aura lieu le dimanche 16 octobre à partir 15h00, dans le temple de l’Association Dharma Sangh, à Paris. Elle sera célébrée par Pandit Vishwanath Shastri. Nous vous invitons à venir nombreux pour le dar÷an de la déesse, en cette période dispensatrice de purification, d’énergie et de renouveau.

POURQUOI NEUF JOURS ?

La Déesse Durgā revêt neuf formes élaborées dans un but précis et à l’intention de ses sadaka, ses dévots. Elles font référence aux neuf jours pendant lesquels le dieu Rāma accomplit lui-même la vénération de la déesse, l’implorant d’obtenir la victoire sur le démon Rāvaṇa qui retenait prisonnière son épouse Sītā. C’est au terme de neuf jours complets de prières qu’il obtint enfin cette grâce de la Durgā. Le dixième jour, Rāma anéantit le terrible démon aux dix têtes. Derrière chaque forme de la déesse sont associés une histoire et un enseignement ésotérique qui peuvent se révéler à l’aspirant spirituel et à l’adorateur. Ce sont neuf jours pendant lesquels ils sont conviés par la déesse à accomplir un authentique travail de purification et d’éveil dont ils pourront bénéficier jusqu’aux prochaines Navarātrī.

Les neufs noms invoqués chaque jour par les dévots de la déesse à l’occasion de la fête des Navarātrī correspondent à une qualité de la déesse, faisant référence à son pouvoir de destruction du mal et de régénération :

Jour 1
Sailputrī   « La Fille de la montagne »
Qualité : la Grandeur

Jour 2
Brahmacarinī  » L’Ascétique – Celle qui n’est pas mariée –  »
Qualité : la Sagesse

Jour 3                                      
Candra Ganthā  « Celle qui porte la lune et la cloche »
Qualité : la Lumineuse

Jour 4
Kusmandā  « La calebasse – Celle qui englobe la totalité du monde »
Qualité : l’Absoluité

Jour 5
Skanda Mātā  « La mère de Skanda-Kārttikeya« 
Qualité :  la Force de vaincre

Jour 6
Kātyāyanī  « La protectrice des maris – La Veuve à l’âge de maturité »
Qualité : la Grande Protectrice

Jour 7
Kālāratrī  « La Souveraine de la mort  – La Nuit Noire »
Qualité : La suppression de la souffrance

Jour 8
Mahā Gaurī  « La Blanche – la Déesse Parvatī »
Qualité : La Pureté

Jour 9
Siddhi Dātrī  « La Dispensatrice de pouvoirs »   
La Qualité : La Prospérité

L’ESPRIT DES NAVARᾹTRĪ

Ce sont neuf  jours dédiés au culte de Durgā pour soulager et vaincre ses propres souffrances. Le but est de ramener l’énergie, l’action et les pensées positives, et ce, jusqu’aux prochaines Navarātrī. Pour cela, les maisons sont  soigneusement nettoyées afin que la déesse y soit accueillie avec respect, dans une atmosphère chargée de bonnes intentions nourries de désirs réels de changer les choses ou de se changer soi-même avec son lot de mauvaises habitudes. Les attributs et les qualités de la déesse Durgā libèrent les êtres des maux dont ils souffrent quelle que soit leur nature. La déesse a la maîtrise de la colère et détient la connaissance des différentes formes de purification des énergies négatives. Les neuf formes inspirées de la Déesse ont pour fonction de conduire les êtres humains, étape par étape, sur le chemin de cette purification pour retrouver l’harmonie et la paix perdues, intérieures comme extérieures. Tout au long de la période des Navarātrī, les adorateurs de la déesse cherchent à « collecter » l’énergie inspirée par la déesse et ses neuf formes. Il convient aussi de célébrer pendant cette période une pûjâ des Navagraha, les neuf planètes graha, dans le but de pacifier l’influence négative qu’elles exercent sur la destinée d’une famille ou de l’un de ses membres. Cette célébration rituelle est très bénéfique pour la paix de la famille

Les Navarātrī se divisent en trois périodes de trois jours consacrées à l’adoration des différentes formes de la déesse. La première période est régie par la grande énergie Mahākālī, la seconde par Mahālakṣmī et  la troisième par Mahāsarasvatī qui sont à l’origine de la manifestation des neuf qualités essentielles de Durgā : pureté, sagesse, plénitude, protection, force, courage, compassion,  moralité et prospérité.

Rituel du premier jour :

Le kalaśastāpana, est la mise en place du pot appelé kalaśa sur lequel est installée une noix de coco, qui représentera pendant les neuf jours la forme de la déesse. Ce moment fort de la période des Navarātrī est appelé śubha muhûrta.

Moment le plus favorable pour l’installation du pot :
1er OCTOBRE 2016   –   ENTRE 8h30 ET 12h30

Il est bénéfique d’installer le pot et de demander au prêtre d’en faire la consécration rituelle. Le kalaśa devient alors le lieu de résidence des neuf formes de la déesse et le  restera ainsi pendant toute la période des Navarātrī.

Le kalaśastāpana consiste à placer cinq feuilles d’arbres différents à l’embouchure du pot, d’y nouer un fil rouge puis de le remplir d’eau sacrée, de kumkum, de curcuma, de riz, de fleurs, de pièces…. Le pot est placé sur un grand thalī  où est semée de l’orge dans une terre imbibée d’eau. Une noix de coco décorée est ensuite posée sur l’embouchure du pot et orientée dans la direction nord-est, face à soi, puis recouverte d’un chundrî, un tissu rouge. Une pūjā est célébrée  – par le prêtre ou soi-même – pour honorer toutes les divinités et la présence de la déesse. Pour cela une lampe à ghī est allumée après avoir pris place en position assise dans la direction est. Un diagramme sacré yantra de la déesse et des Navadurgā, les neuf Durgā, est installé ou dessiné.

Méditations et prières seront adressées neuf jours consécutifs aux neuf formes de la déesse. Ceci est accompli dans un esprit de purification et de renouveau.

Le dernier jour  un rituel du feu havan est célébré pour la maison ainsi qu’une pūjā de clôture.

Si vous ne pouvez célébrer une pūjā dans un temple
selon les règles de la tradition,
célébrez-là vous-même et avec votre famille.
Le résultat sera toujours bénéfique
pour tous ceux qui y participent
tant que l’intention et le cœur sont  purs.
Pandit Vishwanath Shastri

Parus aux éditions SHASTRI

Durgā Upâsanâ Tome 1
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