Navaratrî

Les neuf jours dédiés à la déesse Durgâ

La fête de Durgâ est l’une des plus importantes célébrations dédiée à une déesse. Les Navaratrî, appelées aussi Navrata, sont les nava, neuf, ratrî, nuits – et neuf jours – d’adorations rituelles et festives dédiées à la Mère divine, Durgâ. En Inde et selon les régions, les Navaratrî sont célébrées à quatre reprises dans l’année, mais deux le sont unanimement au moment des équinoxes d’automne et de printemps :

  • les Navaratrî d’automne, les plus fêtées, débutent le premier jour dit pratipada, de la quinzaine claire  shuklapaksha, du mois d’ashvina, correspondent aux mois de septembre-octobre ;
  • les Navaratrî de printemps qui débutent le premier jour de la quinzaine claire shuklapaksha, du mois lunaire de caitra, correspondent aux mois de mars-avril

Les deux autres navaratrî sont qualifiées de Gupta Navaratrî ou Navaratrî cachées. Suivies de manière plus occulte, elles sont célébrées par les plus adeptes du tantrisme dans le but d’obtenir des résultats tangibles par la grâce de la déesse.

QUAND DÉBUTENT LES NAVARATRÎ ?

Les neuf jours des Navaratrî de printemps consacrés à Durgâ  ont lieu :

du mardi 13 octobre au mercredi 21 octobre 2015

Une grande pûjâ en l’honneur de Durgâ aura lieu le dimanche 25 octobre à 15h00, dans le temple de Dharma Sangh, à Paris. Elle sera célébrée par le Pandit Shastri. Nous vous invitons à venir nombreux pour le darshan et les bienfaits de cette bénédiction en cette période dispensatrice d’énergie et de renouveau.

POURQUOI NEUF JOURS ?

La déesse Durgâ revêt neuf formes élaborées dans un but précis et à l’intention des sadaka, ses dévots. Elles font référence aux neufs jours pendant lesquels le dieu Râma accomplit lui-même la vénération de la déesse, l’implorant afin d’obtenir la victoire sur le démon Râvana qui retenait prisonnière son épouse Sîtâ. C’est au bout de neuf jours complets de prières qu’il obtint enfin cette grâce de la déesse. Le dixième jour, il anéantit le terrible démon aux dix têtes. Derrière chaque forme de la déesse se trouvent une histoire et un enseignement ésotérique qui peuvent se révéler à l’aspirant spirituel et à l’adorateur. Ce sont neuf jours pendant lesquels ils sont conviés par la déesse à accomplir un authentique travail de purification et d’éveil dont ils pourront bénéficier jusqu’au prochaines Navaratî.
Les neufs noms invoqués chaque jour par les dévots de la déesse à l’occasion de la fête des Navaratrî correspondent à une qualité de la déesse, faisant référence à son pouvoir de destruction du mal et de régénération :

 Navaratrî                          Nom de la déesse                   Qualité de la déesse

Jour 1                                       Sailputrî                                    la Grandeur
« La fille de la montagne »

Jour 2                                       Brahmacarinî                         la Sagesse
« Celle qui n’est pas mariée – L’ascétique »

Jour 3                                       Chandra Ganthâ                   la Lumineuse
« Celle qui porte la lune et la cloche »

 Jour 4                                     Kusmandâ                                 la Totalité
« La calebasse – Celle qui contient le monde »

 Jour 5                                     Skanda Mâtâ                           la Force de vaincre
« La mère de Skanda-Kârttikeya »

Jour 6                                       Kâtyâyanî                                la Grande Protectrice
« La protectrice des maris, veuve à l’âge de maturité »

Jour 7                                       Kâlâratrî                                  Extirpe la souffrance
« La souveraine de la mort » – « La Nuit Noire »

Jour 8                                       Mahâ Gaurî                            La Pureté
« La blanche – Parvatî »

Jour 9                                       Siddhi Dâtri                           La Prospérité
« La dispensatrice de pouvoirs »


L’ESPRIT DES NAVARATRÎ

Ce sont neuf  jours dédiés au culte de Durgâ pour soulager ses propres souffrances et faire circuler à nouveau l’énergie, l’action et les pensées positives en chacun, et ce, jusqu’aux prochaines Navaratrî. Pour cela, les maisons sont  soigneusement nettoyées afin que la déesse y soit accueillie avec respect, dans une atmosphère chargée de bonnes intentions nourries de désirs réels de changer les choses ou de se changer soi-même avec son lot de mauvaises habitudes. Les attributs et les qualités de la déesse Durgâ libèrent les êtres des maux dont ils souffrent quelle que soit leur nature. La déesse a la maîtrise de la colère et détient la connaissance des différentes formes de purification des énergies négatives. Les neuf formes inspirées de la Déesse ont pour fonction de conduire les êtres humains, étape par étape, sur le chemin de cette purification pour retrouver l’harmonie et la paix perdues, intérieures comme extérieures. Tout au long de la période des navaratrî, les adorateurs de la déesse cherchent à « collecter » l’énergie inspirée par la déesse et ses neuf formes. Il convient aussi de célébrer pendant cette période une pûjâ des navagraha, les neuf planètes graha, dans le but de pacifier l’influence négative qu’elles exercent sur la destinée d’une famille ou de l’un de ses membres. Cette célébration rituelle est très bénéfique pour la paix de la famille

Les Navaratrî se divisent en trois périodes de trois jours consacrées à l’adoration des différentes formes de la déesse. La première période est régie par la grande énergie Mahâkâlî, la seconde par Mahâlaksmî et  la troisième par Mahâsarasvatî qui sont à l’origine de la manifestation des neuf qualités essentielles de Durgâ : pureté, sagesse, plénitude, protection, force, courage, compassion,  moralité et prospérité.

Rituel du premier jour :
Le kalasastappana, est la mise en place du pot appelé kalasa sur lequel est installée une noix de coco, qui représente la forme de la déesse. Ce moment fort de la période des Navaratrî est appelé subha muhûrta.

Le moment le plus favorable pour cette installation du pot le premier jour,

mardi 13 octobre  2015 est entre 18h00 et 19h45

Il est d’autant plus bénéfique d’installer le pot et de demander au prêtre d’en faire la consécration rituelle. Le kalasa devient alors le lieu de résidence des neuf formes de la déesse et le  restera ainsi pendant toute la période des Navaratrî.

Le kalasastappana consiste à placer cinq feuilles d’arbres différents à l’embouchure du pot, d’y nouer un fil rouge puis de le remplir d’eau sacrée, de kumkum, de curcuma, de riz, de fleurs, de pièces…. Le pot est placé sur un grand thalî  où est semée de l’orge dans une terre imbibée d’eau. Une noix de coco décorée est ensuite posée sur l’embouchure du pot et orientée dans la direction nord-est, face à soi, puis recouverte d’un chundrî, un tissu rouge. Une pûjâ est célébrée  – par le prêtre ou soi-même – pour honorer toutes les divinités et la présence de la déesse. Pour cela une lampe à ghî est allumée après avoir pris place en position assise dans la direction est. Un diagramme sacré yantra de la déesse et des Navadurgâ, les neuf Durgâ, est installé ou dessiné.

Méditations et prières seront adressées neuf jours consécutifs à ces différentes formes de la déesse. Ceci est accompli dans un esprit de purification et de renouveau.

Le dernier jour  : un havan est célébré ou un rituel du feu, pour la maison ainsi qu’une pûjâ de clôture.

 Si vous ne pouvez célébrer une pûjâ dans les règles, célébrez-là vous-même
et avec votre famille. Le résultat est toujours bénéfique
pour tous ceux qui y participent
quand l’intention et le cœur sont  purs.
Pandit Shastri

Parus aux éditions SHASTRI
Durgâ Upâsanâ Tome 1
Durgâ Saptasati : les sept cents versets dédiés à Durgâ – Tome 2

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